la_theorie_de_l_evolution_repose_sur_le_hasard

L’affirmation mélange souvent 2 idées :

  1. le hasard dans l’évolution des espèces à savoir « Les structures complexes (l'oeil, les plumes, etc…) ne peuvent arriver par chance ou hasard »
  2. le hasard dans l’apparition de la vie, c-a-d la formation de cellule vivantes ou des protéines nécessaires

La première idée sera contredite sur cette page, pour la 2eme, voir les pages sur l'abiogenèse, notamment La formation de la vie par hasard est improbable.

1. Précisons que le terme “hasard” a plusieurs sens : en science, le hasard “pur”, où un phénomène se produit sans cause, n'existe pas. Car, à l'instar d'un recours à l'intervention d'une force transcendante, c'est à l'opposé de la base de la science, qui est de comprendre comment le monde fonctionne, en raison de ses caractéristiques propres1). Si le hasard (ou une force surnaturelle) peut servir à justifier n'importe quoi, on ne peut rien découvrir. Le terme “hasard” utilisé par les scientifiques n'est pas un hasard sans cause, mais sans cause discernable et surtout sans finalité, sans but.

A l'inverse des créationnistes, qui jouent sur le biais de finalité dans leur objection2), les scientifiques prennent en compte l'existence des coïncidences, de phénomènes qui arrivent sans qu'on puisse identifier précisément les causes.

Pour prendre une exemple, quand vous lancez un dé, le chiffre que vous obtiendrez sera dépendant de la position initiale du dé, de la force du lancer, de la surface d'impact, etc… les causes existent, mais elles si nombreuses et si infimes, qu'il est impossible de prévoir le résultat. C'est ça le hasard en science. Mais il est évident que si vous arriviez à lancer 2 fois le dé exactement de la même façon, en prenant en compte tous les facteurs, vous obtiendrez le même résultat.


2. Les évolutionnistes du monde entier sont et ont toujours été unanimes3) pour dire que des structures complexes ne sont pas apparues par hasard. La théorie de l'évolution ne dit pas que c’est le cas, et dire le contraire, c'est afficher une profonde incompréhension de l'évolution. L’explication avancée par Darwin est la sélection naturelle. La sélection est le contraire du hasard.

Tous les phénomènes où le hasard intervient (et qui sont nécessaire à l'évolution), ce sont les modifications du génome : mutations, délétions, insertions, crossing-over. Que des phénomènes qui sont parfaitement connus et facilement observés en laboratoire et dans la nature. La sélection naturelle intervient ensuite et conserve ou élimine les mutations suivant leur bénéfice ou non. Les systèmes complexes présents dans le monde vivant résultent d’une succession accumulative de petites modifications peu complexes.

Exemple : les plumes ne sont pas apparues par hasard. La théorie ne dis à aucun moment qu’une mutation « miraculeuse » est apparue pour doter un reptile de plumes4).

L’évolution ne repose donc pas sur le hasard : Le hasard n'est pas le moteur de l'évolution, c'est le carburant.

On sait que la sélection de variations introduites de manière aléatoire permet de produire des formations complexes, notamment des circuits fonctionnels 5) 6) et des robots 7). Les créationnistes n'ont jamais proposé de raison pour expliquer pourquoi les mêmes processus ne produiraient pas les mêmes résultats dans la nature.


3. Les principes de fonctionnement de l'évolution, y compris la variation aléatoire, la recombinaison et la sélection naturelle, se sont révélés utiles pour la conception de nouveaux médicaments 8), la conception d'enzymes de meilleure qualité pour les détergents 9) et, comme algorithmes génétiques, pour beaucoup d'autres applications. Le “hasard” de la théorie de l'évolution marche, tout simplement.


4. Le hasard se retrouve dans d'autres domaines biologiques : l'expression même des gènes est basé sur de nombreux phénomènes stochastiques (le “bruit moléculaire”) 10). Le “hasard” peut même être parfois plus efficace dans les mécanismes embryonnaires11).

Le hasard n’est pas une solution étant donné la très forte improbabilité des organismes vivants, et nul biologiste sain d’esprit n’a jamais seulement évoqué cette idée.
Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, chapitre 312)
Aucun biologiste ne suggère que le flagelle ne soit apparu par une combinaison purement aléatoire de protéines - ils pensent qu'il a évolué par sélection naturelle - et tous s'accorderaient pour dire que la probabilité d'apparition par combinaison aléatoire est si minuscule que ce n'est pas une explication scientifique satisfaisante.
Richard Wein, dans “Not a Free Lunch But a Box of Chocolates - A critique of William Dembski's book No Free Lunch”, traduction disponible ici, 2002
  • Pour en finir avec Dieu, Richard Dawkins, trad. Marie-France Desjeux-Lefort, ISBN : 2221108930, Éd. Robert Laffont, 2008 - Chap. 4, Pourquoi il est quasiment certain que dieu n’existe pas.
  • L’ironie de l’évolution, Thomas C. Durand, Éditions du Seuil, février 2018, ISBN : 2021311651 - chap. 2 - Les définitions du problème
  • Adami, C., C. Ofria and T. C. Collier, 2000. Evolution of biological complexity. Proceedings of the National Academy of Science USA 97(9): 4463-4468.
  • Darwin, C., 1872. The Origin of Species, 1st Edition. Senate, London. http://www.talkorigins.org/faqs/origin.html
  • L'Horloger aveugle, Richard Dawkins, Éditeur : Robert Laffont (10/03/1999), ISBN : 2221090071

1)
Guillaume Lecointre, Les sciences face aux créationnismes - Ré-expliciter le contrat méthodologique des chercheurs. Éditions Quæ
2)
La Résistance Au Darwinisme : Croyances et Raisonnements, Gérald Bronner, Revue française de sociologie, 2007/3 Vol. 48 | pages 587 à 607
3) , 12)
Pour en finir avec Dieu, Richard Dawkins, trad. Marie-France Desjeux-Lefort, ISBN : 2221108930, Éd. Robert Laffont, 2008
4)
The anatomical placode in reptile scale morphogenesis indicates shared ancestry among skin appendages in amniotes ,Nicolas Di-Poï and Michel C. Milinkovitch, Science Advances 24 Jun 2016: Vol. 2, no. 6, e1600708, DOI: 10.1126/sciadv.1600708
5)
Creatures from primordial silicon Davidson, Clive, 1997.. New Scientist 156 (15 Nov.): 30-34.
6)
Thompson, Adrian, 1996. An evolved circuit, intrinsic in silicon, entwined with physics. http://www.cogs.susx.ac.uk/users/adrianth/ices96/paper.html
7)
Lipson, Hod and Jordan B. Pollack, 2000. Automatic design and manufacture of robotic lifeforms. Nature 406: 974-978.
8)
Coghlan, Andy, 1998. A sexual revolution. New Scientist 160 (21 Nov.): 4. See also: Maxygen, 1998. When genes “breed” in the lab, a surprising number of their offspring are supergenes. (Press release, 18 Nov. 1998) http://www.eurekalert.org/pub_releases/1998-11/NS-WGIT-181198.php
9)
Pollack, Andrew, 2000. Selling evolution in ways Darwin never imagined. New York Times, 28 Oct. 2000, business section. http://www.nytimes.com/2000/10/28/business/28EVOL.html
11)
L’anarchie des gènes : la preuve du poulet, Sylvestre Huet, blog {Sciences²}, 2020
  • Dernière modification: 2020/04/18 15:39
  • de kawekaweau